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jeudi 19 novembre 2020

S'étudier, c'est s'oublier Shunryu Suzuki-roshi

Dogen-zenji a dit: «Étudier le bouddhisme, c'est s'étudier soi-même. S'étudier, c'est s'oublier ».

Bouddhisme
Bouddhisme 


[...] Le but de l'étude du bouddhisme est de nous étudier et de nous oublier. Quand nous nous oublions, nous sommes en fait l'activité même de la grande existence, c'est-à-dire la réalité elle-même. Lorsque nous nous rendons compte de ce fait, dans ce monde, il n'y a plus aucun problème, et nous pouvons profiter de la vie sans rencontrer de difficultés. Le but de notre pratique est de prendre conscience de ce fait.


Une philosophie de vie 

 

[...] Il y aurait beaucoup de choses à dire sur cette question. Prenons juste quelques risques.

Ici, tout d'abord, il y a une approche très pratique du bouddhisme, qui veut aussi être la nôtre. Le bouddhisme n'est pas comme une religion parmi d'autres, ou comme une série de préceptes à abandonner sans le vouloir; pas même le bouddhisme comme une nouveauté fascinante dans laquelle jouer notre petit ego toujours à la recherche de nouveaux jeux, même intellectuels ou spirituels.

Ensuite, nous parlons de la dialectique entre la recherche de soi et l'oubli de soi. C'est une dialectique qui doit être comprise et de plus en plus pénétrée, vécue. Sinon, nous tombons dans des contradictions insurmontables. C'est-à-dire: soit nous sommes à la recherche de soi, soit nous nous fixons comme but le vidage de soi. Eh bien, tout d'abord, il faut se rappeler que nous ne cherchons rien et que nous ne nous fixons aucun objectif devant nous. Il n'y a personne qui cherche, il n'y a pas d'objet recherché et il n'y a même pas l'action de chercher. Alors il faut dire qu'ici la recherche de soi est comme dire l'oubli de soi, comme le rappelle la citation de Dogen. Autrement dit: la connaissance de soi va de pair avec l'oubli de soi, l'abandon confiant.

Il y a toujours le risque de tomber dans une sorte d'égocentrisme spirituel, d'auto-contraction: trop tendu dans notre intérieur, trop fermé, une nervosité qui voit tout signal extérieur comme une distraction de la culture de soi. Au lieu de cela, l'attention à soi, l'investigation de soi doit conduire à l'abandon, à un oubli tranquille de soi-même: c'est entrer dans une dimension dans laquelle il n'y a plus quelqu'un qui fait quelque chose, mais seulement qui même. C'est comme l'exemple du mille-pattes que nous avons déjà fait: il n'y pense pas, mais marche parfaitement, coordonnant tous ses pieds de manière sublime. Mais si vous lui demandez comment il fait, alors il s'arrête, commence à y penser et il ne peut plus bouger!

Un argument similaire doit être avancé en ce qui concerne l'attention. Il y a attention consciente, comprise comme acte de volonté: j'essaye d'être attentif à la respiration, aux sensations, etc. Mais ce n'est qu'un moment, une étape obligatoire. Il y a une autre possibilité: c'est-à-dire une attention tranquille, calme et sans effort qui reflète simplement la réalité comme un miroir. Un miroir ne décide pas de réfléchir, il le fait simplement: donc une attention qu'il reçoit simplement, qui vidé de tout ne peut être que complètement dévoilée sur toute la réalité.

Ensuite - et c'est le plus important - il est évident que la recherche de soi commence par l'hypothèse que l'on cherche quelque chose, un «petit homme» en nous, une entité - même cachée. Mais découvrir qu'il n'y a pas de «chose» de ce type: qu'il n'y a que silence, absence, vide. C'est pourquoi «s'étudier, c'est s'oublier».

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